Resident Evil Deadly Silence (2006)

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Curieux calendrier que celui de Capcom, qui réalise un remake absolument somptueux de Resident Evil 1 seulement six ans après l'original, et une humble version console portable sans prétention pour célébrer le dixième anniversaire de sa saga...

Tous les amateurs se sont donc posé la question : est-ce que ça vaut le coup d'investir dans la DS de Nintendo pour un jeu dont on connaît déjà 3 versions différentes, dont notamment l'incontournable remake de 2002?

Tâchons de répondre à cette question, somme toute pertinente.

Test rédigé par Manoir.

Ça fait bientôt quinze ans que j'ai dix ans

screen001Deux modes de jeu sont disponibles d'emblée : Classic et Renaissance.

Classic : comme son nom l'indique, totalement identique à la version originale

Renaissance : version améliorée tirant partie des fonctions tactiles et vocales de la DS.

On va laisser de côté Classic pour s'intéresser tout naturellement au mode nouveau.

 

Dissipons tout de suite les malentendus pour ceux qui pensent que le mode Renaissance a un quelconque rapport avec le remake-bulldozer Rebirth : ici, pas de révolution graphique, juste un portage de Resident Evil 1 avec quelques ajouts et améliorations. C'est déjà pas mal, il faut savoir se contenter de peu...

Car le jour où les consoles portables sauront faire tourner des jeux aussi splendides que Rebirth, ce sera le grand luxe. Mais c'est pas encore pour tout de suite maintenant. Revenons-en à Deadly Silence.

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L'interface DS voit l'action se dérouler sur l'écran tactile, l'écran supérieur étant réservé à la carte des lieux, qui s'enrichit au fur et à mesure de vos investigations. D'autant plus pratique que le fond de ce même écran change de couleur en fonction de votre état de santé, vous évitant ainsi d'avoir à entrer dans l'inventaire pour vérification.

Pour le reste, c'est graphiquement le même qu'en 96, en un peu moins fin. On notera des effets de halo et de dégradés plus hachés et des traces de solarisation verdâtres un peu plus prononcées dans les recoins les plus sombres. En revanche, certaines couleurs comme celles des murs ont été désaturées.

Mais ça reste dans l'ensemble la même chose. Intéressons-nous donc aux petites nouveautés...

Touch me touch me I wanna fell your stylet

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Si le cheminement de l'aventure ne varie que très peu, les énigmes ont par contre été totalement réinventées pour exploiter l'écran tactile et le micro. Ce dernier est largement sous-exploité, mais les résolutions de puzzles au stylet sont vraiment bourrées de charme, à défaut d'être transcendantes, et parfaitement bien intégrées à l'esprit du soft.

Le stylet sera aussi mis à l'épreuve le temps de quelques séquences de combats au couteau en vue subjective, parsemées tout au long du jeu. Ces dernières interviennent de façon aléatoires à quelques endroits-clés et sont intéressantes par le fun et surtout l'imprévu qu'elles ajoutent.

Là où on croyait revenir en salle de sauvegarde peinards, nous voici confrontés à l'une de ces phases où, si on parvient à ne pas se faire toucher une seule fois, on aura droit à quelques menues denrées en récompense. Bien vu.

screen005Il y aura aussi désormais à côté de chaque coffre magique un autre coffre à serrure codée, qu'il vous faudra débloquer via l'écran tactile pour acquérir munitions ou soins.

Le stylet vous permettra de vous dégager de l'emprise de vos ennemis en leur tapant dessus plusieurs fois.

On appréciera, outre tout cela, la navigation tactile au sein de l'inventaire, un apport ergonomique très appréciable!

Et il y a encore un petit clin d'oeil de Capcom si vous usez du stylet lorsque vos personnages sont en position de "pause", après quelques instants sans jouer. Marrant.

La peur petit format

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On peut souvent lire que la peur manque cruellement sur ce portage DS, due notamment au petit format de l'écran, incapable de restituer les sensations offertes par les consoles de salon.

Sachez qu'en premier lieu, il est vrai que le son DS brut n'est pas forcément la panacée pour ce type de jeux. Il conviendra donc de jouer à Deadly Silence au casque pour bien s'imprégner de l'atmosphère et bénéficier de tous les effets de surprise.

Ensuite, connaissant bien l'aventure dans sa globalité, même avec les quelques modifications présentes sur ce portage, les sensations ne sont quand même plus aussi intenses qu'à la découverte du jeu en 1996. On en connaît bien mieux les rouages qu'à l'époque, fatalement. Ça ne signifie pas pour autant que Deadly Silence est dépourvu d'angoisse. On fera même des bonds comme antan en se faisant surprendre par un zombie couché au sol qu'on n'avait pas vu auparavant, car placé différemment.

 

Peut-être même que ceux qui ne connaissent pas du tout auront la révélation, qui sait?

La peur reste donc parfaitement envisageable sur format DS, sauf si bien sûr on joue dans le métro ou le bus. Il faut se mettre en condition un minimum, tout de même...

Roulez jeunesse!

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On s'aperçoit très vite que Capcom a intégré pas mal de retouches de maniabilité bienheureuses qui font de Deadly Silence la version la plus souple et la plus fluide de Resident Evil. Le demi-tour rapide et la recharge à la volée sont intégrés, mais aussi la possibilité de zapper les cinématiques et surtout les ouvertures de portes, ce qui est une excellente idée!

Encore mieux : le couteau est en port permanent sans place dans l'inventaire et se tire sur simple pression de la gâchette L , système tout droit pompé sur RE4, vraiment très pratique, ajoutant une bonne dose de souplesse dont on aurait bien du mal à se passer à présent.

Tout ceci fait qu'on peut enchaîner les parties avec un plaisir égal, même une fois qu'on le connaît par coeur, ce qui n'était pas forcément le cas pour l'original.

Car malgré tout le bien qu'on peut penser de ce dernier (cf test de Resident Evil 1), il faut avouer que se refaire des parties quand on connaissait bien le jeu devenait assez vite lassant à cause de la lenteur de l'ensemble, alimentée notamment par les ouvertures de portes qui, si elles sont parfaitement justifiées et efficaces au premier passage, anéantissaient pas mal le taux de rejouabilité.

Pas de doute, Deadly Silence apporte une seconde jeunesse à Resident Evil 1, je n'en remercie que davantage Capcom!

Difficulté Sommaire

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Cette fluidité se répercute aussi et hélas dans la facilité de l'aventure. L'approvisionnement a doublé, voire triplé sur la version Renaissance! Certes, les ennemis soient plus nombreux, mais ils sont aussi en parallèle beaucoup moins résistants que les créatures originales. Du côté des héros, on encaisse bien mieux les coups et autres morsures. Ce qui fait que globalement, votre progression s'en trouvera pas mal favorisée.

Même en compagnie de Chris, où dans la version originale ça relevait de l'expérience intense, ici on pourra boucler plusieurs parties d'affilée en sa compagnie sans rencontrer de réelle grosse difficulté.

La dose de fun apportée à cette version est certes appréciable mais trahit aussi un peu l'esprit originel. C'est la contrepartie, le prix à payer. Il convient de le savoir.

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Toujours au chapitre des regrets, console portable oblige, les capacités sont réduites et il faut revoir certaines choses au rabais. On aura donc des cinématiques de très mauvaises qualité, pixellisées comme c'est pas permis.

Plus regrettable encore, la suppression de quelques thèmes musicaux ou le remix de la save room, infiniment moins efficace que l'originale. Aïe, quel dommage!!

Il y a des choses comme ça qu'il vaut mieux ne pas toucher sous peine de réduire considérablement la portée du jeu. Là, c'est le contraste des sensations qui s'en ressent, ce qui empêchera Deadly Silence de s'élever en version ultime. De toute façon, avec Rebirth sorti 4 ans plus tôt, elle aurait bien du mal à s'imposer en tant que telle.

Dix ans et encore toutes ses dents!

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Deadly Silence ainsi porté sur petit format prend encore plus de cachet. La DS lui va bien et les nouveautés incluses font réellement plaisir, comme les énigmes au stylet ou au micro, mais aussi les phases de combats au couteau aléatoires. Quelques améliorations de gameplay et l'apport du tactile rendent la maniabilité bien plus ergonomique qu'auparavant, apportent un fun et une fluidité bienvenus.

Si on déplorera l'absence de certaines musiques, le décevant remix de la save room ou encore les cinématiques atrocement compressées, Deadly Silence reste la version la plus facilement rejouable de Resident Evil 1, tout en gardant intacte cette ambiance inimitable, ce charme unique qui a fait toute sa renommée.

Moins indispensable que la version GameCube Rebirth, Deadly silence reste une excellente variation de Resident Evil 1, à réserver toutefois aux mordus ou à ceux qui ne connaîtraient pas encore Resident Evil1, ce monument.

VERDICT : 7/10

7

Les +

  • Les retouches de jouabilité, fort bienvenues!
  • La possibilité de zapper les ouvertures de portes
  • La version originale et la version Renaissance sur la même cartouche
  • Les énigmes tactiles, bourrées de charme
  • Pouvoir jouer à Resident Evil 1 sur portable
  • Excellent taux de rejouabilité

Les -

  • La compression des vidéos
  • L'absence de quelques thèmes musicaux
  • Le remix de la musique de sauvegarde
  • Approvisionnement bien trop conséquent sur la version Renaissance, ce qui rend l'aventure trop facile
  • On attendait plus du dixième anniversaire du mythe