Resident Evil Gaiden (2001)

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En cette année 2001, nous avons vu passer pratiquement le meilleur de la saga de Capcom quand sort sur GameBoy cet étonnant Gaiden, juste après l'excellent cru Code Veronica, sur 128 bits. Que peut-on raisonnablement attendre d'un Resident Evil sur une technologie aussi pauvre, quand bien même il s'agit d'un volet parfaitement inédit? Malheureusement, pas grand chose. Explications.

Test rédigé par Manoir.

Barry et Leon sont sur un bateau

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L'idée de retrouver le cultissime Barry Burton, coéquipier de Jill Valentine dans l'épisode-fondateur, est sans doute ce qu'il y a de plus excitant dans ce Gaiden, d'autant qu'il devient ici parfaitement jouable.

Ce dernier est envoyé pour investigations à bord d'un paquebot dont les passagers ont été transformés en zombies, et à partir duquel on a perdu contact avec Leon Kennedy (héros de RE2 et RE4). Le scénario a donc de quoi ravir les inconditionnels de la saga de Capcom, à rassembler ainsi des personnages emblématiques, à ceci près qu'il y a comme un arrière-goût de naufrage derrière tout ça...

Blip-Blip au pays des Tirlouiiit Bim Pouap

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Si le pitch laissait présager des moments réjouissants sur le papier, la technologie faiblarde de la GameBoy ne permet jamais à l'ambiance de s'installer, ni à l'implication du joueur de s'épanouir.

Graphiquement, le jeu est laid et sans charme, avec des environnements trop primaires et des sprites méconnaissables (ah bon? C'est Barry, ça?). Gaiden voit en outre son aspect sonore balayer les dernières miettes de saveur qu'il pouvait proposer, à cause de musiques primaires aux sons en provenance directe du musée archéologique du jeu électronique (celui qui couvre la période de la préhistoire). C'est répétitif, insoutenable et totalement incompatible avec une quelconque atmosphère, même en faisant un petit effort d'imagination.

Nous sommes ici à des années-lumière de Resident Evil 1 (version 96), à tous niveaux.

Sur le Titanic, au moins, ils s'amusaient!

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Le gameplay a certes su conserver ses bases dans les grandes lignes, avec l'éternelle quête d'objets destinés à débloquer la progression, ses herbes de soins et ses munitions rationnées. Sur ce point, Gaiden est fidèle à l'ensemble de la saga, ce dont on ne peut que le féliciter.

On ne pourra en revanche pas en faire autant pour le système de combats adopté ici, qui doit être parmi les plus pourris de toute l'histoire du jeu vidéo.

Notre personnage peut en effet se servir de son arme à distance, mais dès que les ennemis s'approchent un peu trop (ce qui arrive 9 fois sur 10, car ils sont assez résistants), on bascule en vue subjective, où l'on peut voir les créatures s'approcher peu à peu, avec au bas de l'écran un curseur qui défile de gauche à droite et de droite à gauche.

Le principe est d'appuyer sur la touche d'action au bon moment (quand le curseur se trouve sur l'adversaire, donc) pour faire mouche. Je vous laisse juger de l'intérêt tout relatif d'un tel système. Ça anéantit tout simplement le jeu, ça ne procure aucun fun.

Sans le fun des combats et dénué de toute atmosphère, la question cruelle se pose : sommes-nous bien encore en présence d'un Resident Evil? Chacun trouvera sa propre réponse dans son seuil de tolérance.

Laisse couler...

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Les productions en marge, plus humbles, peuvent posséder leur cachet, avoir un charme pas possible à défaut d'une réalisation qui colle le vertige. Mais ce ne sera malheureusement pas le cas de ce Gaiden, trop insipide à tous niveaux. Si le gameplay reste à peu près fidèle à la charte Resident Evil, l'aspect visuel bien trop pauvre, les musiques désespérément basiques et un système de combats absurde rendent l'immersion quasiment impossible, l'ambiance ne pouvant à aucun moment s'installer dans un espace aussi inconfortable.

Gaiden est donc un Resident Evil plus que décevant, vite rebutant par sa prestation antédiluvienne qui fait injure au soin dont la saga a toujours fait preuve par ailleurs, privant le joueur de cette saveur inimitable qui a fait la renommée de la licence.

Parfaitement dispensable, Gaiden n'aura donc pas su tarir notre grande soif de voir un jour le retour de l'un des personnages les plus délicieusement populaires de la série, Barry Burton.

Messieurs de chez Capcom, à bon entendeur...

VERDICT : 1/10

1

Les +

  • Barry jouable
  • De bonnes intentions

Les -

  • Tout le reste