Resident Evil The Umbrella Chronicles (2007)

ban

C'est de notoriété publique, quand Capcom tient un filon, il l'use jusqu'à écoeurement. C'est ce qui est en train de se passer avec la licence Resident Evil déclinée à toutes les sauces, de la plus épicée à la plus fadasse. Umbrella Chronicles se voit ainsi réduit à un simple jeu de tir. A quand Resident Evil Karting, Resident Evil dresse ton poney et Resident Evil Dance Floor?

Heureusement, nous n'en sommes pas encore là, alors voyons ce qu'il y a à sauver de ce Umbrella Chronicles...

Test rédigé par Manoir.

Le pti train qui part dans la montagneu (Arklay)

screen001

Nous sommes ici en présence d'un shoot sur rails, à savoir un jeu où la seule liberté dont vous disposerez est de déplacer un curseur à l'écran pour bien viser les ennemis qui vont vous faire face, pour les buter, évidemment. Vos déplacements seront générés par le jeu, vous ne choisirez jamais où aller. C'est un peu le principe du train fantôme, mais avec des Uzi à la main, quoi.

Donc pour ce Resident Evil, vous oubliez l'aventure, la gestion, l'exploration et les énigmes : ici, on se laisse guider et on flingue sans autre forme de procès.

Pourquoi alors n'est-il pas considéré comme un produit dérivé?

screen002

Tout simplement parce qu'il se charge de résumer toute l'histoire de Umbrella Corporation (la société pharmaceutique à la base de tout), en re-visitant dans les grandes lignes les événements décrits lors des épisodes officiels .

Il sera donc décomposé de quatre grands chapitres : le déraillement du train Ecliptic Express (REØ), l'incident du manoir Spencer (RE1 ou Rebirth), la chute de Raccoon City (RE3), le dernier chapitre étant un inédit censé couvrir la chute de l'Umbrella Corp.

screen003

Ces quatre grands chapitres seront eux-mêmes déclinés en sous-scénarios à débloquer au fur et à mesure, qui nous dévoileront les coulisses de ces mêmes événements, en incarnant Rebecca Chambers, Albert Wesker, Ada Wong...etc... Idée très stimulante qui donne un peu de piment à l'ensemble. Y a pas à dire : ça fait super plaisir!

Le résumé est vraiment très bien fait, et l'avantage de réduire le concept à son expression la plus primitive est de pouvoir bien suivre l'histoire sans perdre le fil. Encore un bon point.

screen005

D'ailleurs, pour une compréhension optimale, des documents sont cachés un peu partout dans les décors, il conviendra d'exploser une bonne partie du mobilier pour les dégoter (mais qui a eu l'idée de planquer ce dossier dans ma lampe de chevet?).

Certaines portes peuvent aussi se détruire pour révéler quelques courts passages secrets.

Donc n'hésitez pas à être bien bourrin pour pouvoir profiter de tout. Ici, on ne vous demandera jamais d'être subtil, juste de shooter.

Les zombies aussi, peuvent choper Alzheimer!

screen006

Avant de poursuivre plus avant, sachez que pas mal de petites choses sont passées à la trappe. Je veux bien prendre en compte le fait que ce soit un résumé, mais tout de même...

Barry, personnages culte du premier épisode, a été purement et simplement zappé. Là, Capcom a loupé le coche, parce que s'ils avaient proposé un scénario parallèle où l'on incarne Barry, ça aurait fait un bon paquet d' heureux!

Depuis le temps qu'on rêve de pouvoir l'incarner, ce brave Barry, sous de meilleurs horizons que le désastreux RE Gaiden paru sur Game Boy Color.

Ça ne sera pas pour ce coup-ci et c'est frustrant!

screen007

Mais ce qui surprendra le plus, c'est l'absence des épisodes RE2 et Code Veronica dans l'historique total. Ça manque cruellement sur ce The Umbrella Chronicles!

Qu'on se rassure, Capcom a tout prévu et s'apprête à sortir un Umbrella Chronicles 2 sous le titre Dark Side Chronicles, qui reprendra ces épisodes laissés pour compte.

Mais revenons à nos moutons zombifiés...

Jusqu'ici, tout va bien...

screen008

Tout fonctionne bien, quand on travers des lieux mythiques comme le centre de formation de REØ ou le manoir Spencer de RE1.

L'univers, l'ambiance et le scénario sont suffisamment bien restitués pour que la magie opère malgré le bourrinage. Le shoot de zombies, après tout, c'est toujours agréable et c'est pas interdit par la loi.

Graphiquement, le titre s'en tire plutôt bien, à reproduire les environnements de jeux aussi superbes que REØ ou Rebirth, mais en 3D. Ce n'est pas aussi joli que le précalculé, certes, mais ça tient la route. D'ailleurs, les inconditionnels de la première heure vont s'émouvoir de pouvoir visiter le manoir Spencer sous un jour nouveau, parole de fan!

Visiter étant un bien grand mot, puisque tout est résumé, comme on a pu le voir plus haut.

Dans The Umbrella Chronicles, vos scores vous serviront à obtenir des rangs et des étoiles qui vous permettront d'acheter et upgrader vos armes à chaque début de stage. Le challenge n'est d'ailleurs pas si évident qu'il n'y paraît au premier abord.

On vous poussera à effectuer des headshots pour de meilleurs résultats, or ceux-ci sont tout sauf simples à réaliser sur des cibles en mouvement continuels, trébuchant sans cesse comme les zombies.

screen009

En dehors de ça, la maniabilité s'apprivoise aisément. Quelques Quick Time Events (voir test RE4) servent ici à se dégager de l'emprise des ennemis. En réussissant ces QTE, vous déclencherez des coups spéciaux, les seuls moments (furtifs) où l'on peut apercevoir nos personnages à l'écran. Les meilleurs QTE étant réservés aux boss, contre lesquels les combats apportent une petite dose d'intensité, qui manque un peu par ailleurs.

Decrescendo

Les choses commencent à se gâter dès qu'on entame le chapitre consacré à Resident Evil 3.

D'emblée, c'est clair : les environnements ne sont pas ceux de l'épisode officiel, mais calqués sur ceux de Outbreak. Que l'on aime ou non Outbreak, la chose est décevante quand on s'attend à retrouver ces décors familiers où rôdait l'impitoyable Nemesis.

screen010

Mais ça ne serait pas encore trop grave si on ne sentait une baisse de régime à tous niveaux. L'aspect graphique commence ici à en pâtir, c'est déjà plus grossier dans l'ensemble, dénué de ce cachet si particulier aux Resident Evil. Si on s'amuse au jeu des comparaisons entre le début et la fin du soft, on notera un réel bâclage sur la fin, d'une évidence éhontée.

La difficulté s'élève brusquement, avec des zombies très nombreux (ce qui se justifie par le scénario où une bonne partie de la population de Raccoon est infectée par le virus), mais également extrêmement résistants, trop.

screen011

Ça pourrait être une bonne chose si le fun ne commençait pas à déserter furtivement, l'air de rien. On shoote, on avance, on shoote, game over, on recommence à shooter. C'est un défaut inhérent au genre, certes, mais qui a la fâcheuse manie d'engendrer la lassitude. Lassitude accentuée par la position hybride du soft, à mi-chemin du jeu d'horreur où on réserve des moments de surprise (qui tombent ici à plat) et le shoot avec sa dose d'action. On ne frémit pas comme dans un bon survival et on n'a pas la pêche d'un bon shoot.

Le pire reste à venir avec ce dernier chapitre, le seul inédit de l'affaire, qui se révèle tout simplement à la ramasse aussi bien au niveau ludique, graphique que scénaristique : tout dans ce chapitre est si insipide qu'on n'en retiendra rien. On s'y emmerde, aucune révélation fracassante ne nous est révélée, c'est d'une platitude assez désolante.

Des personnages secondaires ratés font leur apparition à l'instar de ce Sergeï, qui fait tâche : avec sa mèche sur-dimensionnée et sa lame démesurée, il semble être en provenance directe d'un Final Fantasy.

Côté son, ce n'est pas trop la panacée non plus. Certains thèmes parviennent à tirer leur épingle du jeu (un thème repris de REØ, le thème du manoir sympa, le save room nouvelle version pour les résultats, et un ou deux autres), mais les autres sonnent techno de bas étage ou "ascenseur-salle d'attente chez mon proctologue" , faisant un peu injure à la qualité musicale de l'ensemble de la saga.

Reload!

screen013

Il faut le prendre The Umbrella Chronicles pour ce qu'il est : un jeu bien sympathique où l'on s'amuse à dégommer du zombie et autre chair pas fraîche, et qui fonctionne grâce au charisme de l'univers Resident Evil. Il fait vraiment plaisir aux fans en revisitant des lieux mythiques comme le manoir Spencer, ici en 3D.

Il permettra également à ceux qui veulent découvrir l'histoire de la série de bien comprendre les événements dans leurs causes et conséquences, optant pour un résumé par ordre chronologique somme toute très bien foutu et riche en informations à récolter.

C'est même son point fort, avec quelques embranchements secrets et les scénarios qui explorent les coulisses des épisodes connus.

screen012

Hélas, le concept du rail shooter est beaucoup trop limité. Le plaisir s'estompe assez rapidement, et le bâclage dont fait preuve la seconde moitié du jeu jusqu'à ce chapitre final inédit (parfaitement exsangue), n'arrange rien du tout!..

The Umbrella Chronicles s'avère donc moyen, il ne faudra pas en attendre des miracles ni la haute qualité d'un Resident Evil classique. Un bon pti jeu dans l'univers Resident Evil, quoi...

Il faudrait que Capcom perde cette avidité du profit, afin de ne pas trop diluer son mythe dans des fanges de plus en plus douteuses. C'est en les éclairant sous un jour peu flatteur que les légendes virent à l'ordinaire.