La suite des aventures d’Ethan Winters étaient attendues de pied ferme, la fin de Resident Evil 7 nous avait laissé avec énormément d’interrogations.
Qu’en est-il donc de cette suite tant attendue ?

IMPORTANT: CE TEST COMPRENDRA DES SPOILERS !

Le test a été réalisé sur Playstation 5, après 3 parties réalisées: 2 en mode Normal, une en mode Hardcore.

Les 2 démos(une exclusive Playstation 5 et deux multi plateformes) nous avaient déjà permis un bel aperçu graphique comme de jouabilité, mais on en voulait tous plus, et comprendre ce scénario ou les trailers prenaient un malin plaisir à nous faire imaginer bien des choses…

Le jeu débute donc avec Ethan, sa femme Mia, tout deux rescapés de leur folle aventure en Louisiane quelques années plus tôt chez les Baker…mais ils sont désormais parents, et leur petite fille Rose a donc agrandi la famille.
Tout n’a pas l’air au beau fixe, le couple semblant a fleur de peau et les disputes à peines évitées.

Le couple n’aura pas le temps de clarifier les choses, une équipe de forces spéciales arrivant en force, tuant Mia et kidnappant Rose dans la foulée, Chris en tête de cette équipe.
De quoi être perplexe, dès le début du jeu il semble qu’un héros de longue date (Chris) devienne un assassin/kidnappeur sans scrupules, et Mia a été abattue sans vergogne, de quoi perturber ce pauvre Ethan…
Tout le monde est embarqué dans un fourgon militaire, direction tenue secrète. Mais rien ne se passe comme prévu, et Ethan se réveille en pleine nuit dans la neige, à côté du fourgon accidenté et se demandant ou il est et ce qu’il y fait.
A force d’avancer et de suivre des silhouettes au loin, il arrive près d’habitations.

Bienvenue au Village

Le village qui sera le principal protagoniste de ce jeu comme cela nous avait été promis durant la promotion du jeu.
Petite maisons, gens simples et campagnards, Ethan avance pour découvrir ou il est mais surtout ce qu’y s’y passe, car très rapidement de nouveaux ennemis arrivent et se révèlent sans pitié: les lycans.
Rapides, voraces car dès qu’ils seront à votre portée ils se feront un plaisir de vous croquer, agiles, vous avez intérêt à vite vous en débarrasser ou prendre vos jambes à votre cou !

Rapidement, Ethan fera la connaissance d’une vieille dame assez excentrique mais aussi d’un marchand, le Duc, auprès de qui il pourra vendre, acheter ou améliorer ses armes.
Les clins d’œils au marchand de Resident Evil 4 sont légions, par ses paroles comme par les possibilités qu’il offre au joueur(« ici, personne ne vous appellera étranger »).

Ethan se rend compte que pour sauver sa fille, il lui faudra aller visiter la demeure des 4 notables du VIIIage qui chacun possèdent de quoi récupérer Rose.
Miranda a kidnappé Rose afin de s’en servir comme réceptacle lors d’une cérémonie pour ressusciter sa fille morte il y a des décennies, le temps est donc compté pour sauver Rose.

Voyage Voyage…

La première destination d’Ethan sera le château, antre de Lady Dimitrescu.
Grand, luxueux, il est agréable de s’arrêter régulièrement pour observer le détail donné à beaucoup d’éléments du décor.
Dans les sous-sols, les étages, et même jusqu’au toit, Ethan devra affronter les 3 « filles » de Lady Dimitrescu ainsi que les nombreux monstres le peuplant avant de pouvoir se débarrasser de la maitresse des lieux, sorte de Nemesis du jeu qui nous poursuivra régulièrement dans son château sans nous laisser d’autre choix que la fuite la plupart du temps.
Il est intéressant de voir que ce personnage de Lady Dimitrescu a été surmédiatisé durant la campagne du jeu et n’a au final qu’une part minime dans le jeu, n’étant qu’un des mini-boss et non l’ultime méchant comme beaucoup le pensaient, après l’avoir vaincu les joueurs sont donc à la fois surpris mais heureux de voir qu’il leur reste beaucoup à découvrir !
Une première partie de jeu très prenante, très bien gérée, qui met le joueur en condition pour la suite.

En route ensuite pour la demeure Beneviento, ou une toute autre ambiance est proposée.
Ici aucune arme ne sera disponible, puisque Ethan en sera très vite dépossédé.
Monde de peur, d’énigmes et de fuite, d’illusions, il faudra démêler le vrai de l’hallucination car la maitresse des lieux joue avec l’esprit et les peurs d’Ethan pour le torturer.
Donna et Angie tenteront tout pour vous déstabiliser et vous faire prisonnier de cette maison, usant de chaque subterfuge à leur disposition, comme la manipulation de poupées, le rappel de souvenirs douloureux ou la création de doutes personnels…
Bien qu’au final très courte, cette partie du jeu m’a énormément plu par son originalité et son approche quelque peu différente de ce à quoi Resident Evil nous a habitué.


Ensuite vient le tour de Moreau, être difforme et amphibie qui bien que semblant limité cérébralement n’a qu’une envie: plaire à Mère Miranda et accomplir ses volontés, donc supprimer Ethan.
Partie intéressante du jeu qui nous emmène cette fois près d’un lac, dans des ruines, des mines, apportant quelques nouvelles mécaniques de jeu, et donnant de superbes paysages à observer.
C’est pourtant la partie qui m’a le moins plu, trop convenue et sans réel challenge d’après moi, il lui manque ce petit quelque chose pour qu’on ai envie de se souvenir de cette zone comme d’un moment unique.

Puis vient le tour du dernier notable, Heisenberg.
Le docteur Frankenstein, son musée des horreurs, son usine ou il pratique ses expériences afin de créer une armée capable de terrasser celle qui lui a donné ses pouvoirs mais qu’il déteste tant: Mère Miranda.
Heisenberg tentera de rallier Ethan à sa cause, de créer une alliance pour parvenir à ses fins en usant de l’argument du sauvetage de Rose, mais Ethan ne sera pas dupe et refusera, déclenchant la colère d’Heisenberg.
L’usine peut s’avérer un vrai dédale lors de la première partie, composée de plusieurs niveaux assez grands pleins d’escaliers et autres échelles.
Les ennemis de cet espace sont différents car pas seulement infectés, mais aussi modifiés par Heisenberg, possédant donc des armes et des armures, il faudra donc user de leur point faible pour en venir à bout.
C’est une ambiance pesante et assez claustrophobe qui est présente dans cette usine, bien réalisée, le maître des lieux en tant que boss sera par contre assez spécial, on aime ou pas…
Ethan recroisera Chris qui lui expliquera qu’il n’a pas tué Mia chez eux, qu’il désirait tuer Miranda qui avait pris l’apparence de Mia en s’infiltrant dans leur famille afin de leur prendre Rose, expliquant le geste de Chris qui avait tant choqué Ethan en voyant celle qu’il pensait être sa femme se faire abattre à bout portant sous ses yeux.
Chris et son équipe désiraient liquider Miranda et sauver Ethan et Rose, malheureusement Miranda n’était pas morte et n’avait que feint sa mort.
Durant le trajet en camion elle tuera tout le monde en laissant Ethan pour mort, et prendra Rose comme elle voulait depuis toujours.

Arrive une nouvelle phase de jeu ou l’on contrôle Chris Redfield, qui avec son équipe part pour en finir avec Miranda, et aider Ethan à sauver sa fille.
Le village est méconnaissable, la moisissure découverte dans Resident Evil 7 est omniprésente et contrôlée par Miranda.
On apprendra que Evelyne n’est qu’un dérivé de la moisissure présente sur les lieux, ici est le foyer original du mal que Chris veut détruire.
Un document montrera même que Spencer, un des fondateurs d’Umbrella a par le passé séjourné ici et rencontré Miranda. Bien que ne partageant pas ses buts(Spencer voulant contrôler le monde, Miranda désirant recréer sa fille), Spencer de déclare comme son apprenti et il sera inspiré pour créer la célèbre firme pharmaceutique en utilisant le logo vu dans les grottes près du village, nous montrant que le logo d’Umbrella a décidé du nom de la société et non l’inverse.
Chris retrouvera Mia, emprisonnée dans le labo de Miranda qui ne l’avait gardée vivante durant tout ce temps.


En possession des 4 bocaux pour sauver Rose, Ethan part sauver sa fille alors que la cérémonie de Miranda a commencé.
Il se rendra alors compte comment il a pu subir tant de blessures au cours de ses aventures en Louisiane et au village, il est en fait sous l’emprise de la moisissure qui l’aide à se régénérer…ils e rend compte que son corps dépérit et qu’il n’a que peu de temps pour sauver Rose avant de passer de vie à trépas.
Miranda refusant de libérer Rose, symbolisant l’achèvement du but de sa vie pour ressusciter sa fille, le combat s’engage entre eux.
Après plusieurs transformations graphiquement sublimes, Ethan élimine Miranda et sauve Rose. Il la confie à Chris, repartant au cœur de la moisissure pour périr avec elle.
Chris , Mia et Rose fuient donc les lieux, voyant au loin Ethan se sacrifier en enclenchant le système explosif qui détruira l’essence même de la moisissure responsable de tout cela.

L’épilogue nous montre Rose désormais adolescente allant se recueillir sur la tombe de son père, avant d’aller faire des batteries de test.
Après tout, son père comme sa mère ont été sous l’emprise de la moisissure et elle a donc dans ses gènes des capacités uniques qui sont surveillées comme mesurées.
Cette scène se termine avec Rose et un garde du corps quittant le cimetière en voiture, croisant un homme à pied…que notre imagination pourra nous faire penser comme étant Ethan ?
L’histoire du père s’achève donc, celle de sa fille ne fait peut-être que commencer pour Resident Evil 9 ?

 

Gameplay/graphismes

Le pad répond au quart de tour, les actions claires et intuitives, gérer les actions comme les armes est un bonheur.
Le rythme du jeu est bien géré, et on alterne phases d’actions, d’explorations, de réflexions avec un enchainement très agréable.

Sur Playstations 5, les chargements…en fait l’absence de chargement est un pur régal !
Charger ou sauvegarder sa partie en une seconde chrono est fantastique, et faire une partie non stop sans jamais ne voir le rythme interrompu par des chargements contribue grandement à l’immersion, c’est un vrai rêve de joueur que de pouvoir vivre cela !

Graphiquement, le RE Engine ne fait pas dans la dentelle et s’améliore une fois de plus, la neige, la farine, les monstres, les intérieurs d’habitations sont juste superbes, on a parfois juste envie de flâner pour redécouvrir les zones visitées, une véritable réussite.


Le Bestiaire

Alors que le reproche était justifié dans Resident Evil 7 de ne proposer qu’un nombre très limité d’ennemis, Resident Evil VIIIage lui n’en souffre aucunement.
Sur terre, en mer, dans les airs, les ennemis sont nombreux et variés, aussi horribles qu’originaux(mention spéciale à nos chers amis sur les toits du château Dimitrescu).
On notera peut-être une certaine facilité dans l’usine Heisenberg avec ces monstres mécaniques à armures, mais cela convient aux lieux et au maître des lieux, et ne concerne que cette partir du jeu.
Un grand pas en avant a été fait, et pas des moindres.


Durée de vie

En ce qui concerne une première partie, comptez bien une dizaine d’heures si vous ne désirez pas rusher et au contraire découvrir le jeu tranquillement.
On revient facilement recommencer des parties(aidées par le jeu+ ou l’on garde son argent et son inventaire) pour trouver de nouvelles techniques pour vaincre plus facilement des ennemis, découvrir tous les trésors du jeu, tous les documents, détruire toutes les chèvres, ratisser toutes les zones possibles, acheter et améliorer toutes les armes, bref les motivations pour jouer ne manquent pas au contraire !

Après 3 parties je n’ai qu’une envie: recommencer encore et encore !
Des zones du jeu sont tout sauf obligatoires, et vous aurez de nombreux endroits à découvrir pour TOUT explorer, et revenir sur certains lieux est même nécessaire pour cela.

Survival ? Difficulté ?

J’ai fait ma 1ere partie en mode normal(à chacun son avis sur le sujet, chacun profite du jeu comme il l’entend c’est indiscutable) et j’ai été étonné de ne JAMAIS mourir durant cette partie.
Aucun ennemi ou boss n’a pu avoir raison de moi en me blessant assez, je n’ai jamais manqué de munitions car au contraire j’ai toujours eu entre 50 et 100 munitions de pistolet, j’ai terminé le jeu en n’utilisant le lance grenade que contre le boss final et sans jamais utiliser le magnum…assez déroutant, la survie a donc très peu été ressentie, j’avais toujours un arsenal dans ma mallette.
Le mode hardcore par contre se situe d’après moi entre le mode normal et le mode difficile, mettant vraiment du challenge dans la partie, et là enfin l’aspect survival prend toute sa place.
Alors je n’ose imaginer en mode village des ombres…

Influences

A l’heure ou un remake de Resident Evil 4 est annoncé, il semble presque étonnant que Resident Evil VIIIage lui emprunte autant au risque de faire doublon.
Un village, un lac avec un monstre géant, un château avec ses pièges, un culte de la part des villageois possédés…les références ne manquent pas !
Mais se limiter à l’influence de ce jeu serait facile, trop facile même.
On retrouve énormément de jeux d’horreurs dans cet épisode, me concernant j’y vois, hormis Resident Evil 4 déjà cité, aussi du Silent Hill et tu The Evil Within.
Et est-ce pour me déplaire  ? Non, absolument pas, car d’une part j’aime ces jeux, mais aussi par ce que Capcom a su doser et bien saupoudrer ce qui est emprunté à chaque saga pour l’intégrer à son propre jeu sans jouer l’overdose ou le copier-coller et ainsi lui créer une identité qui lui est propre.
Il est donc plaisant de retrouver toutes ces idées et ambiances différentes dans un seul jeu sachant les manier, les marier comme il se doit.

L’amour, cause et conséquence de tout pour deux jeux

Il est très intéressant de noter la part de l’amour dans la « saga Winters ».
A y regarder de plus près, c’est par sa faute que tout arrive, du début à la fin, quel que soit le protagoniste principal concerné.
Dans Resident Evil 7, Evelyne crée sa « famille » par envie d’en posséder une, pour ressentir l’amour, elle souhaite d’ailleurs que Mia soit sa maman, et enrage lorsqu’elle refuse.
Ethan, lui, part affronter les horreurs de la famille Baker au nom de l’amour, pour sauver sa femme disparue qu’est Mia.
Bien que l’issue et le trajet pour y arriver soit rempli de violence et de sacrifices, au final ce que chacun désirait était commun: L’amour.

Il en est de même dans Resident Evil VIIIage.
Alors que Ethan part cette fois pour sauver sa fille des griffes de ceux qu’il pense l’avoir enlevée, il est une fois de plus prêt à tout pour elle, par amour.
Mais Miranda a elle aussi un but sentimental, car son objectif n’est ni plus ni moins que de retrouver sa fille dont elle n’a jamais pu accepter la perte même si cela demande de passer par la mort et la manipulation ou la transformation de bien des personnes. Elle est motivée par l’amour quoi qu’il arrive.

Dans les deux jeux, l’amour est donc la genèse de tout pour l’ennemi comme le héros, seuls les moyens et la moralité pour y parvenir diffèrent, un angle de réflexion que j’ai pour ma part trouvé assez intéressant bien que j’ignore s’il a été délibérément choisi en tant que tel.

Conclusion

Ce Resident Evil VIIIage est donc une réussite pour moi.
De l’action oui, mais aussi de l’exploration et des énigmes.
Capcom a su une fois de plus reprendre les bonnes recettes et rajouter les ingrédients nécessaires pour nous surprendre, et c’est ainsi que pourra se pérenniser la saga, en se réinventant régulièrement.
Les aventures de la famille Winters sont dans la continuité, expliquent même bien des choses sans écraser ou rendre inutile le scénario de Resident Evil 7, et Resident Evil VIIIage se paie même le luxe de donner la genèse d’Umbrella par dessus le marché, créant par la même la naissance de toute chose qui en découlera, c’était osé mais plutôt réussi pour faire de ce jeu autre chose qu’un simple « Arc des Winters » mais bien intégrer ce jeu dans la saga.

Sur ce je vous laisse, le mode VIIIage des Ombres m’attend et j’ai hâte de voir ce que le jeu m’y réserve car j’en suis certain, je ne suis pas au bout de mes peines…

 

William Birkin

William Birkin

Collectionneur dans l'âme...